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Ce que disent les études sur la pornographie : cerveau, désir et santé intime

Le sujet revient souvent, et le plus souvent sur le registre du jugement plutôt que des données. Ce qui suit expose ce que les recherches publiées ont observé concernant l'effet de la consommation de contenus pornographiques sur le cerveau, le désir et la santé intime, en précisant les limites de ces travaux.

Un point essentiel : l'effet dépend du mode d'usage

La plupart des études s'accordent sur le fait que parler d'un « effet » unique manque de précision. Ce qui ressort des travaux dépend de trois facteurs : la fréquence, la motivation, et le contexte psychologique. Un usage rare n'apparaît pas dans les études avec les mêmes résultats qu'un usage quotidien répété.

Que disent les études d'imagerie cérébrale ?

Deux études publiées en 2014 sont fréquemment citées :

  • une étude menée par une équipe de l'université de Cambridge sous la direction de la chercheuse Valerie Voon, qui a observé une différence d'activité des zones de récompense cérébrale chez des personnes présentant un comportement sexuel compulsif, comparées à un groupe témoin ;
  • une étude publiée dans JAMA Psychiatry par Simone Kühn et Jürgen Gallinat, qui a observé une association entre une consommation élevée et des différences de volume et d'activité dans le striatum.

L'honnêteté scientifique impose de préciser que ces deux études ont mesuré une association et n'ont pas établi de lien de causalité : il n'est pas possible d'affirmer que la consommation en est la cause, ni qu'une différence cérébrale préexistante conduit à cette consommation. Le débat reste ouvert entre chercheurs.

Ce qu'observent les praticiens

En dehors de l'imagerie, médecins et spécialistes de la santé intime rapportent des observations récurrentes chez les personnes qui consultent pour un usage excessif :

  • des attentes irréalistes concernant la vie de couple
  • une difficulté à répondre aux stimulations réelles
  • une anxiété de performance
  • un sentiment de culpabilité ou un isolement social

Ces observations cliniques sont utiles, mais elles décrivent une population qui consulte déjà, et ne peuvent être généralisées à tout usager. Il est utile ici de les distinguer d'une situation indépendante, qui possède sa propre définition médicale : l'éjaculation précoce.

Quand cela devient-il un problème de santé ?

L'Organisation mondiale de la santé a inscrit en 2019, dans la classification internationale des maladies CIM-11, un diagnostic de « trouble du comportement sexuel compulsif ». Les critères retenus ne reposent pas sur un nombre d'occurrences, mais sur :

  • une perte de contrôle malgré des tentatives répétées d'arrêt
  • la poursuite du comportement malgré ses conséquences négatives
  • un retentissement net sur le travail, les relations ou la vie quotidienne
  • une persistance de six mois ou plus

Cette distinction compte : le critère est l'effet sur la vie, pas le chiffre.

Les facteurs qui précèdent un usage excessif

Les travaux mentionnent des facteurs prédisposants récurrents, au premier rang desquels la fuite du stress ou de l'ennui, un manque de confiance en soi et l'absence de proximité affective. Autrement dit, traiter la cause psychologique importe généralement davantage que se concentrer sur le comportement seul.

Quand demander de l'aide

Une consultation psychologique ou médicale est conseillée en cas de sentiment de perte de contrôle, ou lorsqu'un retentissement net apparaît sur la vie de couple ou professionnelle. En parler avec un professionnel est une démarche ordinaire, qui ne diffère en rien d'une consultation portant sur tout autre aspect de la santé.

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Sources

  • Voon V. et al. Neural Correlates of Sexual Cue Reactivity in Individuals with and without Compulsive Sexual Behaviours. PLoS ONE, 2014.
  • Kühn S., Gallinat J. Brain Structure and Functional Connectivity Associated With Pornography Consumption. JAMA Psychiatry, 2014.
  • Organisation mondiale de la santé — CIM-11, trouble du comportement sexuel compulsif (6C72), 2019.

Article d'information rédigé par l'équipe Passionea — Cannes, France. Ce contenu a une portée informative générale et ne remplace pas une consultation médicale ou psychologique personnalisée.